L’âme

L’ âme, comment ça marche ?

L’âme, l’esprit et le corps

Le corps de chacun est unique et seul son « matériau » peut varier. Seul le matériau physique de notre corps actuel peut disparaître par l’effet de la mort naturelle et le « matériau » de notre corps ressuscité sera autre que celui de notre corps naturel actuel, mais le corps d’une personne est indissociablement lié à son âme. Le corps peut être « en bronze puis en or », mais sa réalité unique pour chacun demeure. Comme nous le révèle la Genèse, l’âme humaine est le produit d’un corps humain et d’un esprit insufflé dans ce corps (Gn 2,7). Il n’y a pas d’âme sans corps. Il n’y a pas d’âme sans esprit. Le corps vivant c’est la personne. L’esprit dans un corps c’est la personne. L’âme, c’est la personne.

C’est la merveille de notre création : nous ne sommes pas de purs esprits, nous existons par notre corps. Tout dualisme qui tente de séparer le corps de l’essence même de notre personne ne peut qu’être trompeur. Il y a un corps différent et unique pour chaque âme différente et unique.

Comme le dit Job, lors de la résurrection, « mes yeux le verront, non ceux d’un autre » (Jb 19,27).


Mieux renseignés par ses confidences à Diego de Yépes, nous savons que la sainte (Thérèse d’Avila) a eu la vision de l’âme juste.

« Cette âme juste lui a été montrée comme un globe de cristal ou un diamant très pur, tout resplendissant de clartés au foyer divin, Dieu lui-même qui se trouve au centre. Cependant la sainte a remarqué que le globe devient de plus en plus resplendissant à mesure qu’on se rapproche du foyer. Les différences d’intensité de la lumière y créent des régions distinctes qui pourraient aisément être délimitées par une série de cercles concentriques à l’intérieur du globe. Ces zones séparées, de plus en plus lumineuses à mesure qu’elles sont plus intérieures, constituent les Demeures distinctes, chacune d’elles en contenant d’ailleurs beaucoup d’autres. » (Le château intérieur)

Le péché mortel

Il n’y a pas de ténèbres plus profondes que celles où elle est plongée; il n’y a rien de si obscur et de si noir qui puisse lui être comparé. Les âmes qui son en état de péché mortel … sont semblables à des eaux noires et infectes.

Qu’il vous suiffise de savoir que ce Soleil qui lui donnait tant de splendeur et de beauté et qui se trouve encore au centre d’elle-même, n’y est que comme n’y étant pas : il s’est éclipsé pour elle. Elle est (l’âme) dans les ténèbres; ce n’est pas la faute du Soleil de justice, qui est au-dedans d’elle pour lui donner l’être, s’il ne l’éclaire pas, mais elle est incapable de recevoir sa lumière. Ce Soleil resplendissant qui se trouve au centre de l’âme ne perd ni son éclat ni sa beauté : il est toujours au-dedans de l’âme, et rien ne peut lui ravir sa magnificience.

Dieu n’est donc pas atteint directement par le péché. Le péché n’affecte que les relations de l’âme avec Dieu; l’âme seule en subit des dommages essentiels.

Crées par Dieu nous devons retourner vers Dieu. Dieu est notre finalité. En retournant vers Lui par la voie qu’il nous a fixée, nous réalisons sa volonté et procurons sa gloire, en même temps que nous trouverons notre bonheur. Par l’obéissance l’âme maintient son orientation et poursuit sa marche vers Dieu. La face tournée vers Lui, elle en reçoit sa lumière, sa chaleur et sa vie. Lorsqu’au contraire, sciemment et volontairement, l’âme refuse d’obéir à Dieu pour satisfaire une passion et chercher un bien particulier, elle n’est plus orientée vers Lui. Tant que l’âme, par la contrition et le ferme propos, n’a pas rétracté son attitude de péché et n’est pas revenue vers Dieu, elle reste privée de tous les avantages spirituels que lui assurent son orientation et son union avec Lui.

Voici comment la sainte explique les effets dans l’âme de cet éloignement de Dieu par la rupture du lien de charité.

Après le péché, l’âme est par rapport à ce Soleil divin comme le cristal que l’on expose au Soleil matériel après l’avoir recouvert d’un linge très noir; il est évident que ce soleil a beau éclairer , sa lumière ne produit rien sur ce cristal. Une âme qui commet le péché mortel, écrit elle, recouvre le miroir de son âme d’un épais nuage et le rend très noir.

Elle est privée de tout pouvoir, semblable à une personne qui est complètement liée et attachée, qui a l;es yeux bandés, qui malgré ses efforts ne peut ni voir, ni marcher, ni entendre, et qui enfin se trouve dans d’épaisses ténèbres.

Cette impuissance s’entend évidemment de l’ordre surnaturel, car l’âme peut continuer à agir dans l’ordre naturel, et même poser des actes naturellement bons. Mais ces bonnes oeuvres ne sont d’aucun mérite.

Rien ne lui profite alors … toutes les bonnes oeuvres qu’elle fait en état de péché mortel ne sauraient lui mériter la gloire du ciel.

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